Un nouvel écrin pur Légifrance

Légifrance le site du gouvernement français permettant à tous citoyens d’accès aux textes de loi et aux jurisprudences à bénéficier d’un nouvel écrin le 12 septembre dernier. C’est l’occasion, de revenir sur les changements offerts par cette nouvelle interface. Rencontre avec le chef de projet de modernisation du portail Légifrance Patrice Platel qui a eu la gentillesse de répondre aux questions de LexWeb.

1. Le 12 septembre dernier, le site Légifrance a fait peau neuve. Pouvez-vous nous expliquer le pourquoi de ce changement ?

La modernisation du site Légifrance a répondu, en premier lieu, à l’obsolescence des socles techniques mis en place lors de la dernière refonte du site, en 2008. Elle a aussi pris en compte les nouveaux modes d’accès aux ressources documentaires en mobilité, notamment l’utilisation accrue des téléphones portables et tablettes. Plus généralement, la dimension de portail du site a été, en grande partie, abandonnée au profit de la mise en avant des fonctions de recherche et de croisement des données issues des différentes bases de données juridiques de Légifrance.

Ainsi, la modernisation technique du site a eu pour fin de changer les modes d’accès aux données en supprimant la nécessité de savoir a priori dans quelle base, chercher. Elle avait, en outre, pour autre objectif, de renforcer l’accès au droit positif, notamment consolidé, aux codes et aux jurisprudences.

2. Pouvez-vous nous expliquer les étapes et le processus qui ont mené au nouveau site de Légifrance ?

Le projet de modernisation du site Légifrance a connu une longue phase de conception, au cours de laquelle, les équipes chargées du projet ont pris en compte les besoins des usagers à travers l’interrogation de panels d’utilisateurs. Parallèlement, les besoins dits « métiers » ont été analysés au moyen d’audits des équipes internes responsables des activités éditoriales du site. Ces travaux de conception ont débouché sur l’établissement d’un cahier des charges comportant 15 objectifs allant des socles techniques (site construit autour des API), à la rénovation des outils de back-office en passant par les éléments de sécurité.

Le développement technique du site a débouché sur une première étape de mise à disposition du public d’une version bêta qui dura 11 mois et demi. Cette phase fut mise à profit pour procéder à des corrections prenant en compte les retours des utilisateurs.

Ce travail d’écoute des utilisateurs s’est d’ailleurs poursuivi au-delà de la mise en production du site le 12 septembre. Deux versions applicatives avec des corrections et améliorations ont d’ores et déjà été déployées. Ce travail d’ajustement sera poursuivi dans la durée.

3. Quelles sont les nouvelles fonctionnalités apportées au site Légifrance par rapport à l’ancienne version ?

Les fonctionnalités de recherche ont évolué en offrant, dès la barre de recherche en page d’accueil du site, la possibilité d’interroger simultanément toutes les bases de données juridiques de Légifrance et de croiser le droit positif avec les jurisprudences. La recherche avancée bénéficie, outre des opérateurs booléens classiques « et », « ou », d’une variable d’écart des mots recherchés, infinie.

La nouvelle fonction « Chronolegi » permet de connaître les différentes versions d’un code, d’un article de code, d’une loi, d’un décret ou d’un article de loi comme de décret passées et à venir.

Enfin, une nouvelle fonction permet de comparer la rédaction d’un article dans ses différents états de vigueur.

4. Qu’en est-il des fonds et ressources juridiques nouveaux et anciens ?

Toutes les ressources juridiques diffusées à partir de l’ancien site Légifrance ont été maintenues, à l’exception des traductions qui n’avaient pas été actualisées et des rubriques se limitant à des liens vers des sites extérieurs.

Le site Légifrance met, désormais, à disposition du public de nouveaux fonds documentaires : la collection des Journaux officiels depuis 1869, numérisée et « océrisée », le fonds des circulaires à partir du moteur de recherche, les collections des questions écrites, des débats parlementaires, des documents administratifs et des bulletins officiels des conventions collectives.

5. Ne craignez-vous pas que la nouvelle mouture déstabilise les anciens utilisateurs de Légifrance ?

Il est certain que les travaux de modernisation ont fait passer le site Légifrance d’une architecture de portail, avec des accès par base de données et formulaires spécifiques à chaque type de recherche, à un outil de recherche intégré sur l’ensemble des fonds documentaires. Un tel changement de paradigme imposait un accompagnement. Ce dernier s’est traduit par la mise à disposition d’une version bêta pendant plus de 11 mois. Par ailleurs, des informations ont été données à travers des présentations auprès des institutions publiques. Avant la mise en ligne définitive du site, des webinaires de prise en main ont été organisés et sont toujours disponibles en ligne.

Pour autant, nous avons bien conscience que ceux qui n’ont pas eu l’opportunité, le temps ou parfois la curiosité de découvrir la version bêta, ont pu être déstabilisés. C’est la raison pour laquelle, depuis le 12 septembre dernier, les équipes de la DILA sont mobilisées pour répondre à toutes les interrogations des usagers dans les plus brefs délais (souvent dans la journée même). Cet accompagnement se fait par l’intermédiaire des courriels et de l’application « hotjar » (bouton rouge « votre avis » présent à droite sur chaque page du site ») qui offre la possibilité de poser ses questions ou de faire remonter ses difficultés en cours de navigation. Il est à noter que plus de 1500 réponses ont été apportées aux questions posées depuis la mise en ligne du site.

Par ailleurs, un travail de fond est à poursuivre auprès des publics qui avaient acquis une longue expérience et une totale maîtrise de la précédente version de Légifrance. A cet égard, nous avons constaté que les habitudes de recherche et la facilité que semble offrir les moteurs, à l’instar de « Google », pouvaient induire les utilisateurs en erreur. En effet, l’ancien site avait été référencé dans ce moteur de recherche avec des URLs précisant une date de vigueur alors que la très grande majorité des utilisateurs cherchent la version en vigueur.

Le nouveau site a été conçu pour corriger cet inconvénient et permettre au moteur « Google », pour ne citer que lui, de référencer le texte en vigueur. Cette correction devrait, dans la durée, rendre la réindexation de ce moteur de recherche, plus pertinente.

Enfin, et alors que de plus en plus d’utilisateurs s’approprient le nouveau site, nous allons poursuivre le travail de formation, tant à travers des webinaires qu’en proposant un guide de prise en main des recherches le plus communément faites sur Légifrance.

6. En quoi le nouveau site Légifrance est-il dans la continuité du mouvement open data française et de réutilisation des données ?

Les données juridiques étaient déjà ouvertes et accessibles par téléchargement sur data.gouv.fr. Le nouveau site Légifrance favorise la réutilisation en mettant désormais gratuitement à disposition du public ses fonds à travers des API disponibles sur le portail PISTE géré par l’AIFE.

7. Est-il prévu des nouvelles fonctionnalités ou fonds juridiques affectés à ce nouveau site
dans les prochains mois ?

Le travail prioritaire de cette fin d’année porte sur l’amélioration continue de l’ergonomie ou la correction des erreurs détectées dans les bases de données (et ce indépendamment de la modernisation du site) avec l’objectif de satisfaire les usagers. Prochain projet : la création d’un espace personnel qui devrait être mis à disposition des usagers de Légifrance au cours de l’année 2021. Cet espace permettra en outre de gérer des alertes personnalisables sur les évolutions des fonds Légifrance.

 

Merci  à Patrice Platel et à toute l’équipe de Légifrance: Longue vie à Légifrance  : https://www.legifrance.gouv.fr/

LW

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2 réflexions sur « Un nouvel écrin pur Légifrance »

  1. C’est la première fois que j’entends parler de ce site Legifrance alors qu’il offre des changements. Pourtant, on devrait sensibiliser les gens à apprendre le minimum qu’il faut savoir dans ce domaine pour qu’il puisse vivre dans le total respect de nos lois.

  2. Moi aussi c’est la première fois que j’entends parler de ce site. En effet ça donne envie de s’y pencher plus souvent, on ignore tellement de choses à ce sujet.
    Merci pour l’article.

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