Vulgariser le droit avec l’AVIJED – LexWeb

Vulgariser le droit avec l’AVIJED

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Ayant eu la chance d’assister au mois de février dernier au colloque ” l’expertise en communication au service de la justice”, j’ai découvert la très belle association pour la vulgarisation de l’information juridique et l’éducation au droit (AVIJED). Vulgariser le droit, le rendre plus accessible, voila la vocation de l’AVIJED. L’équipe de l’AVIJED m’a fait l’honneur et la gentillesse de répondre à mes questions sur cette belle mission qui est de clarifier le droit l’un des grands projets juridiques du XXIéme siècle.

 

1/ Bonjour, pouvez-vous en quelques lignes nous présenter la genèse de l’association AVIJED ?

L’Association pour la Vulgarisation de l’Information Juridique et l’Education au Droit a été fondée en 2013 par Me GHAYOUR et Mlle LAHLOU, faisant le constat des obstacles et difficultés que le citoyen rencontrait dans sa vie quotidienne pour se saisir du droit.

2/ Pourquoi est-il si important à l’heure du numérique de vulgariser et clarifier l’information juridique ?

Le citoyen se trouve confronté à de l’information juridique de plus en plus complexe, parallèlement à une accessibilité grandissante en ligne des contenus juridiques. Si les technologies de l’information et de la communication ont ouvert les possibilités en matière d’accès au droit pour le citoyen (la base Légifrance en étant l’exemple type), les risques de « désinformation », de « mal information » ou de « mal compréhension » sont néanmoins présents, et latents. Par ailleurs, augmenter la confiance dans les acteurs de la société civile passe par plus de transparence dans le droit. En d’autres termes, en clarifiant et en vulgarisant le droit, on défend une vision de la société qui se veut plus humaine et plus solidaire, pour que chaque individu puisse avoir une compréhension « minimale » de ses droits.

3/ Quelles sont les actions menées par l’AVIJED afin de vulgariser et de clarifier l’information juridique ?

L’AVIJED travaille dans de nombreux domaines, aussi bien théoriques que pratiques, grâce à ses membres et bénévoles actifs. Peu après sa création, l’AVIJED lançait en partenariat avec le Village de la justice une enquête sur les usages en matière de vulgarisation du droit et sortait en 2015 un rapport explicitant les résultats de cette enquête. Parallèlement à ces activités de recherche, notre organisme liait de nombreux partenariats, notamment avec EDUCALOI, aux fins de lancer et mettre en place un réseau international d’experts francophones en communication claire et efficace du droit. Le colloque organisé le 4 février portant sur la communication claire dans le droit avec EDUCALOI se tenait d’ailleurs dans la droite lignée de cet objectif. L’Association poursuit également des objectifs de vulgarisation sur le terrain. En 2014, elle organisait un atelier interactif à la mairie de Bry-sur-Marne, afin d’expliquer la loi de consommation à un panel de volontaires et mener des tests de lisibilité de textes de droit vulgarisés et non vulgarisés. Cette expérimentation résultait d’un contrat de recherche avec la Direction de l’information légale et administrative (DILA). Plusieurs volets sont donc pris en compte par l’Association, qui espère pouvoir continuer à agir aussi bien dans la théorie que dans la pratique.

4/ Faut-il former les professionnels du droit afin qu’ils puissent clarifier le langage juridique pour leurs clients ? Et si oui, comment les former ?

En fonction des situations et des professionnels concernés, il peut effectivement être intéressant de clarifier son « discours juridique » lorsque l’on est face à un client (ou autre : ce peut être un usager, un justiciable par exemple en fonction des professions intéressées par la question). Cela peut aider à rehausser la confiance dans la relation client-avocat par exemple. D’ailleurs, l’utilisation du langage clair est consacrée au rang de règle déontologique de l’avocat dans certains barreaux (comme le barreau du Québec). Il s’agit en réalité tout simplement de parler à l’autre comme on aimerait qu’il nous parle. Plusieurs praticiens du droit vulgarisent et clarifient presque naturellement le droit de manière générale au quotidien. Il existe cependant certaines méthodologies spécifiques propres, utilisables par le praticien, pour rendre sa communication plus efficace et compréhensible en fonction de son public cible.

5/ Selon vous, quel est l’avenir, grâce aux nouvelles technologies, de l’accès et de la vulgarisation du droit ?

Nous défendons la vision d’une société plus démocratique et solidaire, pour un renforcement de la confiance des individus dans leur système juridique, mais également dans les différents acteurs de la société comme les avocats, les notaires, etc. Nous croyons notamment que l’explication du droit, par exemple dans le cadre de l’apprentissage scolaire, mais aussi tout au long de la vie, peut avoir des vertus pour les individus dans leur vie quotidienne.

6/ Selon vous, n’y a-t-il pas un risque de dévaloriser le droit à force de vouloir le rendre « trop » accessible ?

Répondre à cette question pousse à se poser une question fondamentale : quelles sont la place et la valeur première du droit dans notre société ? Le droit est un ensemble de règles qui régit les droits et devoirs des membres d’une société et qui a pour but de garantir le bien-être et le bon fonctionnement de cette société (nous parlons en effet d’État de droit par opposition à un État de non-droit). Le droit est donc fondamentalement un outil au service du citoyen. Pour actualiser le potentiel d’utilité de cet ensemble de règles,

Merci à l’équipe de l’AVIJED pour cette interview.

http://www.avijed.org

LW

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