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Avotech: Les avocats créateurs de legaltech

Alors que nous assistons à la multiplication des legaltech qui s’implantent en France depuis déjà quelques années, il était temps que les avocats réagissent à leurs tours à travers de nouvelles initiatives. C’est ainsi, qu’Avotech est la première association d’avocats créateurs de legaltech. Mathieu Davy l’un des fondateurs d’Avotech a eu la gentillesse de répondre à mes questions sur ce tournant de l’évolution  digital de la profession d’avocat.

1/ Comment est né le projet Avotech?

A l’été 2017, j’ai constaté que nous étions plusieurs avocats à avoir lancé sa legal tech, mais que nous avancions séparément, parallèlement, en déployant beaucoup d’efforts face à nos concurrents du privé.

J’ai réalisé qu’en étant tous avocats, nous pourrions facilement nous regrouper, en confraternité, pour constituer une association, un club d’avocats entrepreneurs, parlant d’une seule voix, s’entraidant, et se projetant ensemble vers l’avenir.

Mes premiers camarades ont été Jérôme Giusti (Fast Arbitre), Charlotte Hugon et Julia Katlama (Votre Bien Dévoué), Samya Badouraly (Innovo), Robin Stuckey (Good Payeur), Henri de la Motte Rouge et Jean-Philippe Touati (Deep Block).

Aujourd’hui, nous sommes plus de 30 avocats et startups dans toute la France, et bientôt dans d’autres pays (Belgique, Suisse, Espagne, Sénégal, etc)

2/ Peut-on parler de legaltech lorsque ce sont des avocats qui sont à l’origine de la création d’une start-up numérique?

Une légal tech est un service numérique d’accès au droit. Sa définition est indépendante de la qualité de ses fondateurs, seul l’objectif compte, rendre plus accessible le droit, la justice, la défense, pour les citoyens. Clairement, les avocats sont naturellement initiateurs de ces services, et nous sommes tous des legaltecheurs chez Avotech. On pourrait même dire, des avotecheurs ; l’avotech serait une legal tech controlée et dirigée par un avocat en exercice.

N’oublions pas que Legal Start a été créée par un avocat (qui n’est plus en exercice), et la plupart des grosses legal tech américaines sont pilotées par des avocats (Rocket Lawyers, AVVO, Legal Zoom, etc…)

3/ En quoi les legaltech des avocats sont-elles différentes des legaltech créer par des non-avocats?

Elles ne sont pas forcément différentes, elle portent les mêmes ambitions, proposer de l’accès au droit pour tous, faciliter la mécanique judiciaire. Ce qu’elles ont en plus, plutôt, c’est leur souci constant de respecter la déontologie, les clients, qui sont notre quotidien, et qui engagent notre responsabilité. Elles sont crédibles et apportent un gage de sérieux et de qualité.

4/ Quelles sont les missions d’Avotech?

Promouvoir, partout, le numérique. L’entrepreneuriat des avocats. Les apports phénoménaux du digital dans l’exercice de notre profession. Nous voulons convaincre les confrères de s’accaparer le numérique, de créer leur identité professionnelle digitale, de prester sur les plateformes, voire de créer la leur. Chaque avocat est une legal tech, doit être une legal tech.

5/ Quels sont vos premiers projets pour que les avocats s’adaptent à l’univers numérique?

Aller partout en France et parler aux avocats, dans le cadre de conférences, de colloques, sur nos retours d’expérience. Rassurer, intéresser, expliquer. Se justifier, sans aucun souci. Confronter.

Nous voulons, partout, aider les confrères à sauter le pas. A communiquer, à prester, voir à monter leur propre projet.

Chaque mois nous accueillons un ou deux nouveaux membres. Nous partageons nos acquis. Nous aidons au lancement, nous incubons, nous accélérons.

Nous créons Young Avotech dans les écoles d’avocats, pour stimuler l’entrepreneuriat et l’innovation dès la préparation à l’entrée dans la profession.

Nous prévoyons de créer le Cercle Avotech, groupe de business angels avocats qui prendraient des participations dans les legal tech d’avocats, pour que nous restions maitres de nos solutions. De notre savoir-faire, de notre responsabilité, de notre déontologie.

Merci à Mathieu Davy pour cette interview

LW

quizz droit administratif

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