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Robolution

Droit et Robotique

Contrairement à bien des inventions qui ont marqué l’histoire des hommes, les Robots ont existé bien plus tôt dans l’imaginaire du grand public que dans le monde réel. C’est ainsi qu’est apparu dès 1927 le mot “robot” avec la pièce de théâtre de Carel Capek. Bien après, ce fut au tour du cinéma de s’emparer de ces terribles machines avec Terminator, I Robot ou la sérié télévisée RealHuman décriant le plus souvent un avenir sombre pour l’humanité dominée par les robots. Aujourd’hui les robots ne sont plus une fiction et feront partie prochainement de notre quotidien. Faut-il avoir peur des robots ? Doit-il y avoir un droit encadrant leur mise en circulation ? Est-ce l’homme qui représente un danger quant à l’utilisation de ces nouveaux compagnon de demain ?

Les robots compagnons de vie

Historiquement, les robots ont été conçus pour aider l’homme dans les tâches les plus fastidieuses. Utilisés le plus souvent dans des usines automobiles, les premiers robots étaient de simples bras mécaniques servant à assembler des pièces ou peindre des carrosseries. Aujourd’hui le “robot d’usine” a pris du galon pour devenir un “robot domestique”. La société ALDEBARAN spécialisée dans la robotique a développé trois robots humanoïdes : NAO, PEPPER, et ROMEO dont le principal objectif est d’assister les humains dans leur quotidien. Ces robots d’une nouvelle ère sont équipés de deux bras, de deux jambes et d’une tête. Capables de parler, d’écouter, de regarder et de saisir des objets. Ils sont également dotés d’une intelligence artificielle leur permettant d’adopter le bon comportement face à l’humeur des humains.

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Roméo le robot au service des humains

Il est certain que si nous partageons de telles relations avec les robots il nous sera difficile de ne pas nous attendrir, notamment s’ils sont à l’image de hitchBOT le petit robot auto-stoppeur mis au point par une université canadienne. Le petit humanoïde aux bottes jaunes et au pouce tendu devait faire le tour des États-Unis. Son parcours était suivi par les 90 000 fans Facebook du petit robot qui postait des photos de son voyage toutes les vingt-six minutes. Le but de l’expérience était d’observer les interactions entre les automobilistes et hitchBOT et également de savoir si les robots pouvaient faire confiance aux humains. La réponse n’a pas tardé à se faire connaître puisque deux semaines après le début de son road trip au pays de l’Oncle Sam, il a été sauvagement démembré sur la route de Philadelphie. Aucune poursuite ne sera intentée à l’encontre du vandale. Si la France avait à connaître un tel cas, la législation de notre pays qui reconnaît le statut aux animaux d’êtres vivants sensibles ne serait-elle pas applicable ? Ou faut-il considérer les robots comme de simples objets connectés ? Connectés certes, mais des objets tout de même?

Hitchbot le robot auto-stoppeur
Hitchbot le robot auto-stoppeur

Les Robots tueurs

Mais que se passerait-il si les robots cherchaient à être libres et à se débarrasser du joug humain ? Ou bien encore cherchaient tout simplement à nous remplacer ? L’auteur de science fiction Isaac Asimov formula les trois lois de la robotique toujours d’actualité auxquelles les robots doivent obéir :

  1. Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni en restant passif permettre qu’un être humain soit exposé au danger.
  1. Un robot doit obéir aux ordres qui lui sont donnés par un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi.
  1. Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n’entre pas en conflit avec la première ou la deuxième loi.

Par ailleurs, Asimov formula une loi Zéro dans sa nouvelle “les robots et l’empire”, qui énonce qu’un robot ne peut porter atteinte à l’humanité dans son ensemble, même pour protéger un humain.

cheetah-robot le robot guépard du MIT capable de sauter à travers des obstacles de 40 cm.
cheetah-robot le robot guépard du MIT capable de sauter à travers des obstacles de 40 cm.

Ces principes issus de la littérature ne font pas rire le célèbre physicien britannique Stephen Hawking qui s’oppose au développement de l’intelligence artificielle, qui selon lui pourrait signer la fin de l’espèce humaine. C’est dans ce sens qu’en janvier dernier des centaines de scientifiques et chefs d’entreprises ont publié sur le site Future Of Lite Institute, une lettre ouverte appelant à limiter les risques encourus par l’humanité en raison du développement des machines. C’est surtout les robots autonomes qui sont dans le viseur des craintes du milieu scientifique. Ces robots créés par l’armée américaine auraient la possibilité de décider d’eux-mêmes d’appuyer sur la détente en choisissant eux-mêmes leur cible.

 “Créatrices de prospérité et d’espoir, les inventions de l’époque contemporaine portent aussi un potentiel de destruction. Ce sont nos choix qui détermineront leur effet sur notre destin”. Ces quelques mots du professeur d’histoire Pascal Griset suffisent à mettre en garde l’humanité quant aux innovations humaines poussées toujours à l’extrême à l’image de la création des robots.

 Pour en savoir plus: L’Association du droit des robots – http://www.association-droit-robot.fr

LW

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Une réflexion sur « Robolution »

  1. Aujourd’hui, l’armée américaine utilise quotidiennement plusieurs milliers de robots et revendique de nombreuses vies sauvées grâce à ces auxiliaires robotisés. J’espère que dans peu de temps, on voit des militaires robotiser en Afghanistan come dans un film.

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